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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Influence lusitanienne au Mozambique

En continuant ma route vers le sud du continent africain, j'ai terminé ma visite de pays anciennement colonisés par les britanniques (comme le furent le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie et le Malawi) pour découvrir un pays qui fut récemment influencé par la colonisation portugaise: le Mozambique.
Très rapidement, j'ai pu sentir quelques signes témoignant d'une culture un peu plus latine. Dès le passage de la douane (ou le douanier voulait me faire payer 3 fois le prix du visa avant de finalement simplement oublier de me le faire payer), je me rends compte que j'arrive a comprendre un langage que je n'ai pourtant jamais pratiqué, je veux bien entendu parler du portuguais. Cependant ce n'est pas la seule langue parlée au Mozambique car ce pays, a l'instar des autres pays africains, a su également garder ce qui constitue ses racines, sa culture d'origine.
Laissez moi vous conter le Mozambique, un pays de mélanges, d'intensité, qui est passé au bord du chaos il n'y a pas si longtemps de cela...

Au sortir d'une situation critique

Commencons par situer le décor. Celui-ci est sombre. Le Mozambique était il y a encore quelques années sans doute le pays le plus pauvre au monde, tout simplement. La situation n'est pourtant pas beaucoup meilleure aujourd'hui mais une dynamique un peu plus positive s'est installée. Enfin, il est vrai que lorsque l'on est au plus profond du trou, il est difficile d'aller encore plus bas... quoique.
Le Mozambique fut donc colonisé par le Portugal et n'a obtenu son independance que très tardivement en 1975 apres une guerre civile de plus de 10 ans. L'élite portugaise qui tenait une grande partie du commerce quitta le pays sur le champ.
Aujourd'hui, il est possible de voir les batiments abandonnés que les portugais utilisaient avant l'independance comme des usines ou des centres commerciaux. Ceux-ci ne furent jamais reutilisés.

Une usine abandonnée datant de la colonisation portuguaise

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Un centre commercial dont les infrastructures ne furent jamais reutilisées
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La paix ne survint cependant pas après l'indépendance. En effet, la question de qui devait reprendre le pouvoir se posait. Une seconde guerre civile suivit et opposa les 2 principaux parties politiques, à savoir FRELIMO et RENAMO.
Après avoir presque complètement dévasté le pays, FRELIMO s'installa donc au pouvoir. Il est aujourd`hui possible de reconnaitre les zones toujours controlées par FRELIMO car le parti s est attelé à y installé des drapeaux à sa gloire.

Les zones à majorité FRELIMO sont répérables par des drapeaux à l'effigie du parti

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Ces 2 guerres successives ont laissé également de nombreuses mines sur le territoire du Mozambique. Comme au Cambodge après le conflit des Khmers Rouges, il fut nécessaire de développer une campagne de prévention afin de limiter les personnes étant victimes de ce fléau d'après guerre.

Certaines ONG effectuent des campagnes de prévention contre les mines

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Comme si cela ne suffisait pas, le Mozambique fut ensuite victime d'une inondation épassant toutes les attentes quit, encore une fois, devasta complètement une partie du pays et déplaça une bonne partie de la population. Peut-être vous rappelez vous cette fameuse scène qui a fait le tour du monde: celle d'une femme s'étant réfugiée dans un arbre et qui y donna naissance à son enfant.

C'est donc dans une situation économique très précaire que je me suis rendu au Mozambique. Ceci dit; nous pouvons maintenant nous focaliser sur la population de ce pays du Sud-Est de l'Afrique, sur son style de vie et ses influences.

Une influence lusitanienne

En 1498, Vasco de Gama fut le premier européen à poser le pied au Mozambique. En plus de 5 siècles, l'influence portugaise se développa de façon importante dans ce pays longeant la côte océanique Indienne.
Le bastion de l'influence lusitanienne fut sans doute Isla da Mocambique (Ile de Mozambique) qui appartient aujourd'hui au Patrimoine de l'Unesco.
Nous pouvons aujourd'hui y découvrir une architecture typique qui fait figure d'Ovni dans le paysage de brousse africaine.

Une place dans le centre de l'Ile de Mozambique

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Une église :

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Outre les bâtiments, la culture portugaise est constatable dans de nombreux petits faits et gestes de la vie quotidienne au Mozambique. La musique, par exemple, est plus festive, plus joyeuse. D'ailleurs la musique brésilienne est une grande source d'influence pour les chanteurs mozambicains.
Autre fait, dans les villes, la population a tendance à venir habiter dans le centre. Rappelons que dans les colonies britanniques, le centre est seulement à but commercial et n'est habité que pendant les heures d'ouverture des bureaux. En France, cela peut sembler normal que le centre soit habitable mais cela n'est pas le cas dans tous les pays.

Un immeuble dans le centre de la capitale Maputo

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Un petit fait qui m'a également surpris car cela faisait près d'un an que je n'en avais pas vu: je veux parler du bidet.
Cet objet de toilette, qui pendant longtemps est resté le fruit d'une interrogation personnel sur la façon d'utiliser cet objet (et je dois dire qu'a part y laver mes chaussettes, je n'ai pas réussi à lui désigner de meilleure fonction), j'ai donc pu retrouver avec un plaisir partagé le bidet dans les salles de bains mozambicaines.

Une fracture Nord/Sud

Aujourd'hui, nous parlons beaucoup de délocalisation du pouvoir en déplaçant les capitales pour souvent développer de l'activité dans d'autres régions du pays. C'est le cas en Turquie avec la capitale qui est Ankara et non Istanbul, ou encore au Brésil avec sa capitale Brasilia et non Rio de Janeiro.
Au Mozambique, on fait le contraire et cela génère sans doute quelques problèmes. En effet, la capitale Maputo est complètement isolée à l'extrème Sud du pays. La chose est que le pays est d'une grande taille et du Sud au Nord la distance atteint environ 3000 kilomètres de longueur.

Etant arrivé par le Nord du pays, j'ai pu constater une importante différence de développement qui s'accentuait au fur et à mesure que je m'approchais de la capitale... et que je descendais donc vers le Sud. En gros; on pourrait penser que le pays est coupé en deux avec une grosse partie de l'activité concentrée dans la partie Sud.
La séparation semblerait être dans la ville de Caia où l'on construit actuellement un pont sur la rivière Zambèze pour tenter de "joindre les deux bouts".

A Caia, on construit un pont pour joindre le Nord au Sud

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D'une autre part, cela peut sembler utile pour les derniers irréductibles motivés à l'idée de traverser le fleuve à la nage...
... Quelques crocodiles semblent en effet hanter les lieux!

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Evidemment encore une fois, ce sont les populations qui sont victimes des écarts de développement. Je l'ai déjà mentionné dans de précédentes notes mais la différence entre les riches et les pauvres en Afrique est tout simplement énorme.
Là où les riches vivent avec des standards se rapprochant du style de vie à l'européenne, le pauvre lui devra survivre avec souvent un revenu quotidien d'environ 1 dollar.
Dans un township près de Chimoio, j' ai pu visiter une famille qui a essayé de construire sa propre maison, estimée à un cout total de 300 euros... la qualité bien sur n'était pas au rendez-vous à 3 centimes d'euros la brique ...
Un tas de brique attendant le moment de la construction dans un Township
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Un Township vous donne bien souvent la température du pays, vous êtes ainsi confronté directement à la population et vous pouvez admirer le courage qu'il leur faut pour subsister dans de terribles conditions tandis que vous y découvrez les problèmes récurrents en Afrique: Sida, faible espérance de vie, pauvreté, chomage, faible éducation...

Mener le pneu à la baguette; jeu national pour les enfants des ghettos

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Un pays cotier

Avec le nombre de kilomètres de côte au Mozambique (je sais pas combien il y en a, mais il y en a beaucoup ☺), on peut dire que le pays a un style de vie maritime.
La caractéristique de l'environnement maritime de l'Océan Indien est que la flore est très fournie en cocotiers le long de la côte.
De ce fait, en addition de la pêche évidemment, les mozambicains ont une tradition culinaire incluant la noix de coco. De nombreux plats vous permettent de déguster ce fameux fruit; le plus souvent en sauce.

La noix de coco, en sauce dans ce plat de riz aux épinards

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L'adaptation à cet environnement passe également par la construction de batisses. Il me fut intéressant de découvrir que certains locaux utilisaient la végétation ambiante, comme le palmier ou le cocotier, pour réaliser leur maison.

Des maisons en symbiose avec l'environnement côtier près de Inhambane au Mozambique

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J'espère que la symbiose avec l'envionnement durera longtemps car il existe un gros problème de prévention et d'éducation quant à la conservation de celui-ci. Combien de fois en Afrique m'a t'il été possible d'être le témoin de personnes jetant leurs canettes, leurs bouteilles ou n'importe quel déchet dans la rue sans même se poser la question des conséquences de leur acte.
Spécialement dans les grandes villes, le résultat est souvent effrayant.

A Maputo, la meilleure poubelle, c'est par terre...

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L'autostop au Mozambique

Tout d'abord, les mozambicains sont encore une fois des gens adorables. Je pense donc que sur ce point, l'Afrique m'aura montré son meilleur visage. Je retiens des mozambicains et des africains en général un message de sociabilité, d'amitié et d'amabilité.
En ce qui concerne l'autostop au Mozambique, j'ai été confronté au même problème qu'au Malawi. Il y a ainsi un problème au niveau des transports et de nombreuses personnes choisissent l'autostop. Les chauffeurs de véhicules privés, pour faire face au prix du pétrole, demandent souvent une participation aux frais. Il m'a donc fallu expliquer ma situation avant de monter dans les véhicules.
Les temps d'attente furent en général assez courts, dépendant simplement du traffic et donc s'intensifiant dans la partie sud du pays.

Je vouais éclaircir un point également. L'autostop; c'est aussi beaucoup de marche. En effet, avant de stopper un véhicule, il est nécessaire de se trouver sur la bonne route et accessoirement trouver un endroit pour que le véhicule s'arrête sans danger.

Pour les détails, voici l'état de mes chaussures que j'utilisais depuis l'Ethiopie

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D'un peu plus près

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Et comme il n'y a de l'abus que dans l'excès (c'est juste moi qui dit ça), voici les chaussettes
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Sur ce, je vais entrer maintenant dans mon dernier pays d'Afrique, qui sera donc l'Afrique du Sud. Je pense qu'une grosse différence de culture m'y attend mais ça, c'est pour le prochain article!

 

Je vous laisse avec une photo que j'aime vraiment beaucoup de Maputo. Ce sont des élèves qui ont abandonné leur classe pour aller sur le toît, qui est considérablement plus frais!

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A bientôt en Afrique du Sud

Jeremy



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