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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Le Pérou a dedo

Podcast en fin d´article

Le Pérou, Terre des voyageurs et des explorateurs, mais aussi Terre des archéologues et des amoureux de la nature.  Le Machu Picchu, Cusco, le lac Titicaca, la civilisation Inca, les lignes de Nazca, l´Altiplano… Tous ces noms que j´avais en tête, j´allais maintenant avoir l´opportunité de les découvrir.

J´ai découvert le pays depuis sa cote Nord, pauvre et désertique. Puis mon itinéraire m´a invité à me diriger à travers la Cordillère des Andes et enfin l´Altiplano en direction de la Bolivie. J´ai traversé le pays du Nord-Ouest au Sud-est en environ cinq semaines, toujours en autostop.
Voyager de cette manière fût ici une réelle aventure et une façon intéressante de découvrir le pays.

Encore une fois, les mots qui me viennent en tête au moment de décrire ce pays sont diversité, richesse culturelle et beauté. Que de paysages à couper le souffle !  De même, les traces laissées par les civilisations précédentes sont un spectacle pour les yeux, mais aussi un trésor d´informations sur leurs manières de vivre.

La civilisation actuelle, quant à elle, s´inspire de celles qui sont passées avant. Le péruvien a une manière de vivre intéressante, même si tenter d´approcher à sa compréhension est bien plus complexe que l´on puisse penser.  Le péruvien m´a paru vivre une vie difficile et rude et accéder à un contact social permet de le ressentir.
Rocs, sable, altitude et ruines inca… Bienvenue au Pérou !

 

Différences de climats, de paysages

A titre de comparaison, les paysages péruviens pourraient en effet être aussi attrayants que la gente féminine en Colombie.
Comme je l´ai précisé, je suis arrivé par la côte. Celle-ci est étonnement complètement différente de celle d’Equateur, qui elle était humide et tropicale. La côte péruvienne est absolument sèche et désertique.  Sur certaines portions de cette route panaméricaine qui la longe, j´ai pu m´imaginer quelques instants dans ce paysage désertique syrien ou jordanien que j ´avais eu l ´occasion de traverser au début de mon voyage vers Février 2008.

A l´image du Proche-Orient, nous pouvons retrouver quelques ânes sur la cote péruvienne, qui peut être désertique et rocailleuse…


…Ou même évoquer de temps a autres l´Afrique Saharienne


Le seul point commun qu´il peut y avoir avec le reste du paysage et du climat péruvien est sa sécheresse. Bien entendu, une fois encore je ne parle pas de la partie amazonienne du pays qui est, comme vous pouvez l´imaginer, située en zone tropicale et donc très humide.

Parlons de l´Altiplano par exemple. Si nous étudions ce nom quelques instants, nous pouvons éluder sa signification. En effet, dans Altiplano, nous avons « Alti » pour altitude et « Plano » comme plat ou plaine. L´Altiplano péruvien est ainsi reconnaissable par un paysage de plaines situé à environ 4000 mètres d´altitude.
De ce fait, il est important de s´y rendre en s´y arrêtant graduellement si l´on ne veut pas souffrir de mot d´altitude (d´ailleurs appelé ici le « Soroche »).
Une fois perché là haut, le fruit de vos efforts pour y arriver est un paysage incroyable teinté majoritairement de jaune. La végétation est en effet plus rare à cette altitude et seulement de petites touffes d´herbes jaunes parviennent à y survivre.  De même, étant plus proche du soleil, celui-ci prend des couleurs incroyables, comparables à celles des interminables journées d´été d´Alaska.

Les teintes jaunâtres de l´Altiplano

Le soleil, incroyable à son coucher

Le clou d´un voyage dans l´Altiplano est sans aucun doute l´arrivée au Lac Titicaca. Celui-ci est le lac navigable le plus élevé du monde. Evidemment, à plus de 3800 mètres d´altitude, peu d´étendues lacustres peuvent se vanter de pouvoir accueillir des embarcations en son sein.

Le Lac Titicaca, vu depuis la ville de Puno

Dans cette région du globe, vous pouvez également apercevoir cet animal qui, chez nous, se stéréotype tellement avec le Pérou. Cet animal qui n´hésitait pas à cracher de colère sur le capitaine Haddock dans la bande dessinée Tintin, rappelez vous !
Oui, le lama.
Le lama ou son cousin l´alpaga peuplent ces paysages montagneux, broutant l´herbe verte ou jaune selon les saisons.

Comme je ne sais pas encore faire la différence, voici un lama… ou un alpaga

L´Altiplano est une étape de la Cordillère des Andes. Cette fameuse chaine de montagne, interminable, qui traverse l´Amérique du Sud dans toute sa longueur. Elle revêt divers apparats. Nous pouvons la retrouver en forme d´Altiplano mais aussi avec un peu plus de végétation, comme vers la Vallée des Incas.


Histoire et culture

Si la Vallée des Incas ne vous évoque rien, vous aurez sans aucun doute entendu parler du « Machu Picchu ». Ce site fait aujourd´hui partie des 7 Nouvelles Merveilles du Monde.
Construit au XVème siècle par les Incas, le Machu Picchu était une cité, haute perchée sur une montagne. Aujourd’hui, les ruines sont encore très bien conservées et à vrai dire, le cadre est tout a fait incroyable.

Le Machu Picchu

La civilisation inca est sans doute la plus connue au Pérou. Ceux-ci ont tout de même laissé un patrimoine architectural important, même si les colons espagnols se bornèrent à construire systématiquement sur les fondations des bâtiments incas.
A Cusco, par exemple, il est encore possible aujourd´hui d´admirer de nombreuses pierres incas dans le centre de la ville. Il est très intéressant de voir que ceux-ci n´utilisaient quasiment pas de matières pour fixer les pierres unes a unes, mais ils les taillaient de façon à ce qu´elles s´encastrent parfaitement.

Les pierres taillées par les incas s´encastraient parfaitement, comme ici au Machu Picchu, ou je m´amusais d´ailleurs à jouer aux « Cités d´Or »…

De même, il est possible de trouver aujourd´hui de nombreuses portes incas dans  le vieux centre de Cusco.
Me voici à l´entrée de l´une d´entre elles

Cependant, la civilisation Inca ne fut pas la première à peupler le Pérou, et de loin. Avez-vous déjà entendu parler des Moches, des Nazcas ou des Chimus ?
Les Nazcas peuvent vous évoquer quelque chose peut-être. Ils ont laissé derrière eux d ´immenses dessins sur le sol, représentant singe, oiseau ou même araignée. Je n´ai personnellement pas eu la chance d´admirer ces gravures terrestres, car elles ne sont appréciables uniquement qu´à vol d´avion.

Néanmoins, voici la représentation de l´une d´entre elle, tirée d´Internet

 

 

Prés de Trujillo, quelques édifices provenant de la civilisation Moche persistent. Cette civilisation connut son apogée entre le IVème et le VIIIème siècle de notre ère. Il est possible aujourd’hui d’ admirer deux temples qui sont en fait des pyramides. Le Huaca del Sol et le Huaca de la Luna.

Le Huaca de la Luna, près de Trujillo

La dernière civilisation qui est venue peupler cette partie de l´Amérique latine est donc celle qui l´a latinisé. Les conquistadors espagnols ont donc également laissé un patrimoine européen lors de leur passage. Il est ainsi intéressant de voir que presque chaque place centrale de chaque ville péruvienne s’appelle « Plaza de Armas ».

Pour ma part, j’ai bien aimé celle de Trujillo, au nord du pays.
La Plaza de Armas de Trujillo

L´espagnol est la langue officielle du Pérou, mais il existe également une langue indigène qui a obtenu ce statut, dont le nom ne vous est certainement pas inconnu : le Quechua.
Autant vous dire tout de suite que ce n´est pas seulement une marque Décathlon. Le Quechua est largement pratiqué dans la Sierra. Il ressemble un peu à certaines langues utilisées par la civilisation Maya en Amérique Centrale. Personnellement, je n´y comprenais absolument rien, mais j´encouragerais bien cette langue à perdurer.

Un nom de rue en Quechua à Cusco

J´ai eu la chance d´assister à un concert de musique et d´interprétation Quechua. L´association qui l´organisait œuvrait pour la sauvegarde de la langue.

Je me permets de partager avec vous un petit extrait en vidéo

CLIQUEZ ICI pour la vidéo de musique Quechua

Ainsi que la photo de groupe à la fin de l´événement



Mœurs et coutumes

Au détour d´une rue, assis à une table… Il arrive fréquemment d´être surpris par les mœurs locales lorsque l´on voyage. Voici un petit extrait des morceaux choisis.

Il est dit qu´il est facile de reconnaitre un touriste visitant un endroit. En effet, celui-ci a souvent la tête en l´air, étudiant chaque recoin d´un lieu. En effet, lorsque vous êtes de l´endroit, vous allez bien souvent d´un point A à un point B sans vous préoccuper de savoir si les fenêtres furent sculptées par untel ou untel.
Pour ma part, je suis un touriste, donc j´ai remarqué ce petit détail sur les toits des maisons péruviennes. En effet, beaucoup de locaux aiment décorer leur toiture en y ajoutant quelques objets originaux.

Sur la route, près du village d´Andahuaylas,  une famille avait ajouté un objet décoratif sur son toit

Nous ne sommes pas à Times Square à New York, ni Piccadilly Circus à Londres et encore moins Place Vendôme a Paris. Pourtant, la mode ici est aux vêtements pour chiens. Même dans les coins les plus perdus du pays, j´ai pu voir ces mammifères se trainer, souvent enroulés d´un morceau de tissu. Je dois dire que ce fut assez comique à observer.

La mode de l´habillage pour chiens au Pérou, sans doute que PETA était passe par là…

Au Pérou, la loi Hadopi est loin d´avoir été adopté. Je dirais même qu´elle doit s´y situer à quelques années lumières. En effet, à l´image de beaucoup de pays du tiers monde ou en développement, il y a un grand marché de musique et de films pirates. A un dollar le film, d´ailleurs vendu librement en magasin, il est évident que le marché fonctionne.  Même sur certains DVD, il est possible de lire ceci : « La pirateria no es un delito es un trabajo » (La piraterie n´est pas un délit, c´est un travail).

« La piraterie n´est pas un délit, c´est un travail » à Ayacucho

Le travail justement, le gouvernement promet continuellement d´en créer. Au final, c´est un peu dans chaque pays la même chose sur ce point là. Néanmoins, un fait a attiré mon attention. Je suis arrivé au Pérou en pleine période électorale pour les élections municipales.
La propagande fût le point surprenant de cet événement. Pour appeler les citoyens à voter pour Monsieur truc ou machin, les partis politiques n´hésitent pas à repeindre les murs des maisons. On m´a certifié que les partis subventionnent les habitants pour peindre leurs murs, mais il arrive que des fois… Non. Imaginez la tête de l´habitant revenant chez lui le soir et voyant son mur totalement repeint à l´effigie d´un candidat !

Et en plus, ce ne sont pas de petites peintures, comme ici a Ayacucho

La boisson nationale.
Je pense que très rarement dans ce voyage, j´ai pu voir une boisson gazeuse être plus populaire que le Coca Cola. Au Pérou en tout cas, oui. L´Inca Kola est la boisson nationale par excellence. Présent a tous les repas, se vendant à tous les coins de rue, il a réussi a dépasser en popularité le dieu Coca Cola. L´Inca Kola est jaune fluo, à la manière du Powerade/Gatorade, et il a un petit goût de chewing-gum. De mon côté, je profite de cette popularité pour monter dans les camions !

En avant l´Inca Kola-Stop !

 

L’autostop au Pérou

Pas facile de voyager de cette façon au Pérou, donc nous dirons que tous les moyens sont bons… Vous allez comprendre très rapidement.
Le péruvien est en général une personne plutôt timide et méfiante. De ce fait, arrêter les véhicules ne fût pas tous les jours une partie de plaisir. Néanmoins, le fait de s´adresser directement aux conducteurs aida beaucoup dans cette tache. Les stations-services de la Panaméricaine furent donc de très bons points stratégiques.
Néanmoins, la Panaméricaine, superbe et asphaltée ne couvre pas la totalité du pays même si elle le traverse. Beaucoup de routes sont ainsi en réparation, éventuellement ouvertes entre midi et deux… Dans ces cas là, je me suis permis d´utiliser l´outil des travailleurs organisant le trafic.

Ces routes en construction, spécialement dans la Sierra, sont parfois très impressionnantes. Il arrive que des ravins, des dénivelés de 1500 mètres, bordent la route, sans aucune protection si ce n´est la vigilance du conducteur…

Les ravins bordent parfois la route au Pérou

L´autre point est d´être débrouillard et surtout pas difficile… J´ai eu quelques surprises grâce à cela.

A Trujillo, le chauffeur d´un camion me fait monter dans sa remorque. Celle-ci est remplie de jerricanes. Il me dit que cela n´est pas dangereux, c´est comme de l´eau précise t´il. Arrivé à Chimbote, situé une centaine de kilomètres plus loin. Ses collègues s´occupent de décharger le véhicule. Au bout d´un moment, je remarque les gesticulations de l´un d´entre eux et peux voir que son pantalon noir est garni de plusieurs taches de blanc. Après consultation, j´apprend que cette « eau » n´était rien d´autre que de l´acide sulfurique !

Mon voyage entre Trujillo et Chimbote, sur des jerricanes d´acide sulfurique !

L e Pérou est un grand pays. Les distances sont donc longues. Il m´est ainsi arrivé de devoir passer la nuit dehors, entre deux étapes. Si beaucoup de conducteurs de camions peuvent dormir dans leurs cabines, ils leurs arrivent d´utiliser le « Plan B ». Dans ce cas, j´ai pu tester la solution de rechange, qui est de poser le hamac sous le camion. Sans oublier le sac de couchage car les nuits sont froides dans les climats secs.

Le hamac sous le camion, lors d´une nuit étoilée

Enfin, la traversée du Pérou en autostop me permet d´ajouter un nouveau véhicule à ma collection. Celui-là, il fallait vraiment aller le chercher. En effet, comme je le disais, la grève des trains pour le Machu Picchu m´a permis de marcher le long du chemin de fer. Cette absence de trafic a sans doute du ravir également les employés travaillant le long de cette ligne. Ces derniers utilisaient une sorte de wagonnet pour se rendre d´un point du chemin de fer à un autre. Par extrême chance, ils ont acceptés de m´avancer un peu plus dans ma direction.

Le wagonnet-train-stop !



Le plaisir est dans l´assiette

Basé sur le riz, les pommes de terre et une soupe pour l´entrée, la cuisine sud-américaine est plutôt monotone.
La cuisine péruvienne joue dans le même thème, mais quelques variétés de plats permettent tout de même d´apprécier l´ensemble.

Sur la côte par exemple, les fruits de mer complètent le riz, comme ici avec  cette omelette de langoustines.

Cependant, le fameux Ceviche, qui évolue depuis l´Amérique Centrale sous diverses formes, est le plat côtier par excellence. Celui-ci est constitué de poisson cru mariné dans du citron, accompagné avec des oignons et des tomates.
Le fameux Ceviche péruvien

Les menus sont souvent variés. Parfois, lisez-bien, vous pouvez avoir quelques surprises. A Ayacucho, j´ai pu m´apercevoir sur le menu qu´ils servaient par exemple du « Poulet à la sauce coca-cola ». Quel goût cela a ? Je n´ai pas eu la chance de gouter, mais je poursuis actuellement mes recherches pour en retrouver un autre… Peut-être même gout chewing-gum à l´Inca Kola !

Le Menu du jour, pollo a la coca-cola (poulet au coca-cola)

En fin de compte, manger dans la rue ou dans les petites gargotes au bord de la route permet de créer des contacts avec la population. Nous parlons souvent des bienfaits ou méfaits du tourisme, mais je pense qu´en tant que voyageur, faire vivre l´économie locale de cette façon est une bonne chose car il touche toutes les strates de la population.

A Trujillo, cette vendeuse m´apprenait à faire cuire la viande dans la rue

A Lima, cette cuisinière ne voulait me confier ses secrets culinaires qu´après la photo !

Pour vous donner encore envie d´aller débusquer des petits plats dans des coins de rues inconnus de tous, voici quelques photos prises après dégustation.
La vendeuse de glace traditionnelle à Ayacucho

Et sa compère la vendeuse de jus de fruits, excellent !





J´arrive donc au terme de la traversée de ce pays qui fut extrêmement intéressant. A l´image du Mexique et sa culture Aztèque et Maya, le Pérou Inca, Moche ou encore Nazca m´a beaucoup offert culturellement.
De même, ses paysages à couper le souffle ne m´ont pas fait regretter les interminables heures de camions sur ces routes rocailleuses bordant n´insondables précipices. Le Pérou fut plus proche de l´aventure que du voyage et je l´en remercie pour cela.

Aujourd´hui, je me prépare à découvrir un nouveau pays, le seul d´Amérique du Sud avec le Paraguay sans océan : la Bolivie. J´arrive maintenant sur mes 3 ans de voyage et je ne suis pas encore dépourvu de cette curiosité nécessaire au voyageur. Vous pouvez donc compter sur moi pour poursuivre l´aventure, maintenant vers la Bolivie, puis ensuite par le Chili et l´Argentine vers son point le plus au sud : Ushuaia.

Comme promis en début d´article, voici le Podcast sur le Pérou
Cliquez ici pour le Podcast sur le Pérou

A très bientôt pour de nouvelles aventures !

Jérémy



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