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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : La terre indigène de Bolivie

Podcast en fin d´article

La Bolivie est sans conteste le pays le plus pauvre d´Amérique du Sud. Sans doute aussi le moins développé, traverser ce pays allait sans doute être une aventure.
Tenter d´en comprendre un peu plus était aussi un challenge intéressant. En effet, plusieurs pages rouges de l´histoire de l´humanité furent écrites sur ces terres du milieu de l´Amérique du Sud. Potosi en est le parfait exemple.
La culture indigène est la plus représentée du continent. Le génocide effectué par les conquistadors est sans doute allé moins loin qu´il ne l´a fait dans d´autres pays tels que l´Argentine ou la Colombie. Presque les trois quarts de la population est ainsi de descendance Quechua ou Aymara.
La Bolivie allait surement être un pays unique à visiter. Cela tombe bien, j´étais là pour cela!

 

Aperçu de la Bolivie
Les premières vues de la Bolivie permettent tout de suite de réaliser que nous entrons dans une zone plutôt unique de l´Amérique du Sud. Ces aperçus vont vous permettre de vous donner une petite idée de l´atmosphère qui peut être ressentie dans ce pays nommé à la gloire de Simon Bolivar.

Coutumes
A l´image des zones villageoises péruviennes, la population indigène bolivienne a gardé la culture du port de vêtements traditionnels. Notamment les femmes, qui n´hésitent pas s´habiller de ces tissus multicolores.
Entre La Paz et Oruro par exemple, cette femme revêt parfaitement  le type de vêtements portés par les boliviennes, avec son chapeau melon, son ample robe et son sac multicolore.


Les marchés sont un lieu de commerce mais surtout de vie pour la population bolivienne.  Il est possible d´en trouver partout, à n´importe quelle heure et de toutes les grandeurs. La culture du supermarché est ici encore bien loin. Tous les besoins nécessités trouvent acquisitions ici.
Dans la banlieue de El Alto, près de la Paz, le marché est un lieu très fréquenté.



Pauvreté
La Bolivie est en effet le pays le plus pauvre d´Amérique du Sud. Une forte partie de la population s´entasse dans ce qu´on pourrait appeler des « favelas » au Brésil, ou des « townships » en Afrique du Sud. Pourtant, le taux de criminalité n´y est pas aussi élevé, même si évidemment il existe comme partout dans le monde.
Un abri dans les quartiers pauvres de La Paz

De même, La Paz est une ville assez étonnante dans sa répartition. Là ou dans la majorité des villes, les quartiers riches se situent dans les hauteurs pour profiter du panorama, ici les quartiers pauvres s´entassent à ce même endroit. Ceci reflète les problèmes de l´altitude qui limitent votre respiration à plus de 4000 mètres. La banlieue perchée de La Paz se nomme El Alto (« la haute » en français).
Une rue de El Alto, près de La Paz

Comme dans beaucoup de pays du Tiers-Monde, la pollution est évidemment un problème majeur, résultant souvent du manque d´éducation. Combien de fois ai-je vu des personnes lancer leurs déchets à même le sol, sans se préoccuper de quelques conséquences de leurs actes). Cela va de la peau de banane à la carcasse de voiture !
A Potosi, une carcasse de voiture était abandonnée dans un terrain vague entre deux rues du centre.



Cadre exceptionnel
Evidemment, la saleté des villes contraste énormément avec la beauté du paysage. Le cadre naturel bolivien est absolument incroyable. Même la capitale La Paz est construite au pied de montagnes culminantes à plus de 6000 mètres, comme l´Illimani ou le Huayna Potosi.
Le Huayna Potosi, vu depuis El Alto près de La Paz

De même, le panorama de la capitale La Paz est également à couper le souffle. Cette ville a été construite au milieu d´une vallée, ce qui permet de voir la ville entière depuis un des points les plus élevés.
Le panorama de La Paz


Le pays ne manque absolument pas de charme. Je me rappelle notamment certains coins désertiques de l´Altiplano qui furent un plaisir pour les yeux. L´immensité des Salar ou du désert. Bien que je fasse un peu l´apologie de la néantitude, il est vrai que devant ce genre de paysage, il est possible de ressentir une étrange sensation de liberté.
La néantitude désertique de l´Altiplano

L´image est réelle. Vous connaissez le concept mais vous pensiez peut-être qu´il n´appartenait seulement qu´au désert du Sahara. Le mirage existe partout. Lorsque les conditions climatiques sont réunies. J´ai réussi à prendre quelques uns de ces déstabilisants phénomènes en photo, comme ici dans le Sud-ouest de la Bolivie.
Un mirage…

Se rendre dans ces parties désertiques du pays fut une difficulté. La plupart du temps d´ailleurs, se déplacer fut un défi. Alors, quid de l´autostop ?

 

L’ autostop en Bolivie
Sans aucun doute, la Bolivie fut le pays le plus difficile d´Amérique latine pour voyager en autostop. D´ailleurs, le concept peut paraitre un peu stupide si réalisé par un étranger, étant donné le coût extrêmement faible de la vie et en particulier des transports.

Néanmoins, l´aspect économique de ce moyen de transport n´a jamais été ma motivation première. La rencontre avec la population locale est mon principal désir.  Accéder à un échange interculturel a bien plus d´importance pour moi que la sauvegarde de quelques bolivianos (monnaie utilisée en Bolivie).

L´autostop fut ainsi difficile en Bolivie car tout est payant dans ce pays, ou quasiment tout. Etant donné l´état de pauvreté de cette nation coincée entre les Andes et l´Amazonie, la survie devient comme dans la plupart des pays du Tiers-Monde, on doit se débrouiller comme on peut.

Ainsi, il existe très peu de véhicules privés. La plupart du temps, ceux-ci sont utilisés en tant que taxis, bus ou autre moyen de transport. Les camions, par exemple, utilisent souvent leurs remorques pour transporter les locaux pour un tarif équivalent a la moitié de la somme qui serait demandée par le bus pour la même distance.

Pour continuer à adhérer à mon projet, il me fallait donc trouver les quelques véhicules privés qui ne chercheraient pas en moi un éventuel client. Il est vrai que la recherche d´échange social avec un conducteur est tout de suite très réduite si je deviens l ´outil d´une relation commerciale.  Je passerais rapidement de l ´éventuel ami au statut de pigeon à plumer.

C´est donc avec un peu plus d´attente que d´habitude que j´ai finalement trouvé mes conducteurs.

Me voici en camion-stop vers Oruro

Le pays est grand, les distances sont longues et les routes en état déplorable. Dans ce pays existe d´ailleurs la route la plus dangereuse du monde, surnommée pour l´occasion « La route de la Mort ». Cette route assez étroite pour un véhicule part de la ville de Coroico et longe une falaise avec des dénivelés abrupts de plus de 1000 mètres sur plusieurs parties du trajet. Je n´ai pas eu l´occasion de passer par là mais je peux avoir plus ou moins une idée du danger que cela apporte.

La plupart des routes du pays ne sont pas asphaltées. Elles sont principalement faites de pierres et de terre. Je pouvais expérimenter de près ces routes, assis à l´arrière d´une remorque comme ici vers le village de Uyuni.

Eventuellement, la difficulté pouvait également résider dans le slalom nécessité au milieu de la faune locale.
 Sur le chemin entre Potosi et Uyuni, des lamas faisaient offices d´obstacles sur la route, exceptionnellement asphaltée pour une fois.




 

Une vie rude en deux exemples
La vie semble difficile en Bolivie et ce pour plusieurs raisons. La sante économique du pays n´est pas ce qu´on pourrait caractériser de « au beau fixe ». De plus, le travail disponible est souvent ingrat. Il est physique et difficile. Contrairement à la plupart des pays dit « développés », ici le chiffre de 80% de la population active appartenant au tertiaire est encore très loin. Le bureau bolivien, considérez-le à la mine ou encore au Salar…


Les mines de Potosi
Dans le livre «Don Quichotte de la Mancha», il est mentionné une expression qui dit « Cela vaut un Potosi ». Cette expression signifie que Potosi est vu comme un eldorado, un puits sans fin de richesses.
Potosi et ses mines en arrière-plan

Potosi est une ville connue en Bolivie pour ses mines, principalement d´argent. Celles-ci furent exploitées dès l ´arrivée des espagnols au XVIème siècle.  Ce fut la principale source de l´enrichissement colonial pour l´Espagne de cette époque. La splendeur de villes comme Séville lui sont d´ailleurs dues. Aussi, il est estimé qu´en plus ou moins 500 ans, 6 millions de miniers indigènes et africains y périrent… Ah oui, nous ne pouvons pas avoir rien sans rien… Murs sculptés contre millions de vies…


Aujourd´hui, les mines sont toujours ouvertes. Il y est extrait majoritairement de l ´étain. J ´ai eu l´occasion de visiter par moi-même ce qu´il reste des mines et j´ai été impressionné par les conditions de travail incroyables des miniers qui s´exécutent pour la plupart indépendamment.

J´ai tout de suite été frappé par l´état des bâtiments qui subsistent à flanc de mines. Les camps de travail, les usines de traitement sont presque en ruines. Je ne sais pas si tous les édifices sont encore en fonction mais la plupart d´entre eux m´ont apparus occupé, au moins par la présence des mineurs, lorsque je suis passé là-bas.

Un des nombreux camps de travail au pied des mines de Potosi

Un peu plus loin, une usine de traitement…

J´ai pu noter deux activités principales lors de cette journée à explorer la vie des mineurs. La première consistait à sortir les charriots de l´intérieur des mines. De nombreux chemins de fer sortent des innombrables galeries minières. Ceux-ci permettent aux mineurs d´extraire les minéraux avec ce type de wagonnet.
L´extraction de minéraux avec un charriot

La seconde était donc réalisée à l´intérieur des galeries. Il me fallut dont rentrer à l´intérieur de la mine. Il n´y a aucune sorte d´interdiction et de sécurité pour entrer dans ces mines. J´y suis allé comme si je rentrais chez moi. J´ai tout de même demandé la permission aux mineurs sur place mais cela ne les dérangeaient pas plus que cela.

A l´entrée de la galerie, serais-je autorisé à aller plus loin ?



A l´intérieur, il fait évidemment très sombre et de nombreuses odeurs que je n´ai pas pu identifier en ressortent. J´ai pu aller à la rencontre d´un mineur et réaliser quelle était son activité du moment. Il grattait les parois grâce à un piolet, en recherche d´un quelconque minerai. Vous pouvez remarquer qu´il mâche des feuilles de coca. Ceci est une coutume très répandue en Bolivie. Mâcher ces feuilles vous donne un peu d´énergie, comme si vous buviez un grand café.

A la rencontre d´un mineur


L´intérieur des mines est évidemment très dangereux. Jamais les mineurs ne sont à l´abri d´une explosion, de vapeurs, de chutes de roches. Ils sont donc très superstitieux ou croyants. J´ai pu tomber sur des mini-temples de prière, au sein même d´une galerie.

 

 

La vie autour du Salar de Uyuni
Aujourd´hui, je ne partagerai pas avec vous des photos de moi faisant l´idiot au milieu du Salar de Uyuni. De toute façon, j´ai perdu les photos !
Non, je vais plutôt me focaliser sur quelques rencontres et faits de vie de villageois vivant autour de ce fameux et touristique Salar.
12500 kilomètres carres, cela fait environ la taille de deux départements français. Seulement, il est possible de voir toute cette étendue plate en un seul morceau. En face de moi, je pouvais observer le volcan Tunupa, qui pourtant se trouvait à plus de 200 kilomètres de moi.
Le salar de Uyuni (photo prise de internet)



Ce désert est tout blanc. Evidemment, il est fait de sel. L´extraction de celui-ci est d´ailleurs une activité importante pour les travailleurs boliviens.  
Encore une fois, je suis passé outre les agences de tourisme et j´ai sorti mon pouce. Par chance, un camion se rendant à un camp d´extraction de lithium m´a pris. Le lithium, oui, ce produit que l´on utilise pour faire les batteries de téléphones par exemple. Le sol du Salar de Uyuni est apparemment très riche de ce produit. Des usines commencent donc à s´implanter ça et là. Un futur Potosi peut-être ?

A partir de là, j´ai réalisé une marche de 70 kilomètres pendant 3 jours à travers des villages entourant le Salar de Uyuni. Ici aussi, la vie y est rude.

Les villages ressemblent d´ailleurs à des hameaux fantômes pour la plupart. Il y a très peu de distraction et la vie y est rude.
Les villages ressemblent à des hameaux fantômes pour la plupart, comme ici à Julaca


Dans le village de Rio Grande, cet enfant est distrait par LE passage quotidien du train de marchandise


Les villages semblent abandonnés, tout comme les objets qui jonchent le sol. Les carcasses de véhicules ne font pas exception.

Une carcasse de camion, perdue au milieu du village…

…Alors que un lama (ou un alpaga) traverse la place du village suivi de sa progéniture

Mais alors, qu´y font les locaux boliviens dans cette atmosphère post-apocalyptique ?
Il n´y a en effet pas grand choix d´occupation. Les hommes, souvent, vont au Salar pour extirper des quantités de sel non iodé. Ils se brûlent la peau, passant leurs journées sous le soleil se reflétant sur le Salar.

Leurs femmes, en général, s´occupent des troupeaux de moutons ou de lamas. Dans cette infinie désertique, on se demande d´ailleurs de quoi ils se nourrissent.
Une femme bolivienne, à la garde d´un troupeau de mouton

La vie autour du Salar est également rude. Ce désert semi-salé est un environnement plutôt hostile. Bien que la vue vous emporte vers l´infini, les possibilités de survie ne le sont pas.
Le désert autour du Salar de Uyuni



Au final, la Bolivie fût un autre pays intéressant.  J´y ai appris encore la même leçon que dans beaucoup d´autres pays ou je suis passé : nous ne naissons pas avec une égalité de chances.
Ici, les boliviens répondent à  la dureté de la vie qui leur est offerte en croyant plus que tout en leurs racines. Evo Morales, l´un des premiers présidents indigènes de ce monde, leurs rend bien leur soutien en ayant orienté son gouvernement vers des idéaux socialistes qui protègent les moins avantagés du peuple bolivien.

Comme dans certains pays d´Afrique ou je suis passé, je me suis senti comme un pion extérieur observant un système dont je ne comprenais pas toutes les finesses. Avoir une discussion avec les locaux fût un challenge en soi-même.  Ma forte curiosité m´a permis d´obtenir quelques réponses, mais aussi quelques frustrations, du fait que je veux toujours en savoir plus et que les conversations étaient souvent limitées.
En ce qui concerne les amoureux de la nature. La Bolivie est un magnifique pays, n´en doutez pas. Surement, l´un des plus étonnants que j´ai pu visiter sur ce point de vue là.

Pour ma part, je continue ma route vers le Sud. Je suis maintenant entré au Chili, que je vais devoir traverser du Nord au Sud… Ce qui signifie une descente d´environ 4300 kilomètres !

Comme annoncé en début d´article, voici le podcast de la Bolivie, pour plus d´informations en audio.

Cliquez ici pour le podcast

A très bientôt au Chili,

Jérémy



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