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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : L´étroit Chili

Qu´est ce que l´on sait du Chili lorsque l´on vient de France ? Quelles sont les uniques nouvelles qui nous parviennent ?
Sans doute le règne dictatorial de Pinochet, le tremblement de terre de cette année ou encore les miraculés mineurs de San José. En fin de compte, beaucoup de sensationnel et très peu de concret.

Pour cette raison, je ne savais pas trop à quoi m´attendre lorsque je suis entré au Chili. Regardant la carte du pays, la seule chose que je me disais, c´est que le Chili me faisait tout de même penser à un club de golf. Donc peu de concret également.
Au fond, l´expérience personnelle m´apprendrait beaucoup et je ne pourrais pas avoir d´avis biaisé par des préjugés.

Je venais de Bolivie quand j´ai traversé la frontière chilienne d´Ollague. Je commençais ma descente du pays par l´endroit le plus aride du monde : le désert de l´Atacama. Le climat et la végétation allait graduellement changer lors de l´accumulation des kilomètres vers le sud.
Toutefois, le changement ne s´est pas arrêté à la faune et à la flore car il m´a surpris lors de l´apparition des premières zones habitées. Le Chili m´a eu l´air beaucoup plus développé que ses autres camarades latino-américains.
De même, j´ai pu découvrir une culture unique, notamment muni d´un langage au vocabulaire argotique développé.

Encore une fois, il n´y avait pas grand place pour s´ennuyer, alors commençons tout de suite la description de cet étroit et long état.

 

Le pays le plus développé d´Amérique du Sud
Il est vrai que venant du Pérou et de la Bolivie, le retour à une certaine forme d´occidentalisation peut surprendre. Occidentalisation ? Oui, car les standards et  le niveau de vie chiliens sont très proches de ceux que nous pouvons rencontrer en Europe.

Un pays développé
Ma première vue d´une zone habitée me permit de me rendre compte de la différence, lors de mon arrivée à Antofagasta.

Le front de mer d´Antofagasta, constitué de barres d´immeubles derniers cris… Pas forcément esthétiques certes… Mais j´ai bien dit dernier cri.


Les fronts de mer péruviens étaient en comparaison munis de bâtisses bien plus précaires. Il était très rare de voir des édifices modernes comme sur la photo ci-dessus.

Le coût de la vie et les salaires attribués en fonction sont également largement supérieurs à ceux de l´Altiplano. Dans le nord du pays, le salaire moyen s´approche de 500 000 pesos chiliens, soit environ 1000 dollars… Soit 4 à 5 fois plus qu´en Bolivie.

L´éducation
Le niveau de développement se remarque également grâce à l´éducation.  Comme j´en ai pris l´habitude depuis le début du voyage (le prochain article y sera d´ailleurs dédié), j´ai pris le temps de visiter au moins une école du pays et d´y faire une présentation de mon périple. Cela me permet de jauger le niveau d´éducation et les installations utilisées.

A Copiapo, j´ai eu l´occasion de visiter une école et de me faire une idée sur le niveau d´éducation


Les enfants comprenaient ce que la carte du monde signifiait. Ils reconnaissaient certains endroits que je montrais à l´aide de photographies. Leurs ouvertures et leurs curiosités sur le monde était encourageante.

Les ressources
Une bonne partie de l´économie chilienne provient de ses extractions minières, notamment de cuivre, d´or et d´argent. Le Chili possède plus d´un tiers des ressources mondiales de cuivre, ce qui lui permet de le vendre à prix d´or… Si je puis me permettre…
La plus grande mine à ciel ouvert du monde est située près de la ville de Calama, dans le désert de l´Atacama. La mine de Chuquicamata extrait donc du cuivre.
A l´inverse de la Bolivie où les mineurs sont complètement livrés à eux-mêmes, les mineurs chiliens possèdent de nombreux avantages versés en contrepartie de leur difficile besogne.

Vous avez sans aucun doute entendu parler de cette nouvelle qui a fait le tour du monde. Ces 33 mineurs qui sont restés 69 jours enfermés dans la mine de San José, près de Copiapo.
Leur incroyable sauvetage a été diffuse à échelle internationale et la source d´une certaine fierté nationale évidemment.

 A Copiapo, Valparaiso et Santiago furent exposés les capsules qui leurs servirent à obtenir des vivres.
Ici, une des trois capsules exposée sur la place Sotomayor à Valparaiso



Evidemment, la pauvreté n´a pas totalement disparu et il existe encore de sacrées différences entre les plus pauvres et les plus riches, mais le résultat est très encourageant pour ce pays d´Amérique du Sud.

A Antofagasta, les collines abritent certains quartiers pauvres



Terre d´immigration
En tant que pays le plus développé d´Amérique du Sud, cette terre minière et forestière peut en effet se vanter d´être attractive.

-L´immigration allemande
Au cours de son histoire, elle accueillit en effet plusieurs populations.
Parlons donc de la très grosse communauté allemande.  Autant l´Argentine a ouvert sa porte en majorité aux immigrants italiens, autant le Chili accepta principalement  des parties de population à descendance germanique.
Néanmoins, il est faux de dire (encore merci aux médias) que l´immigration allemande au Chili débuta au lendemain de la seconde guerre mondiale, où ce sol sud-américain servit de refuge aux nazis. En effet, il est évident de constater qu´il était devenu dangereux pour un ancien  collaborateur de l´enseigne gammée de rester en sol européen, et ce depuis le lancement du procès de Nuremberg. Vous avez peut-être entendu parler de la construction de la Colonia Dignidad, aujourd´hui rebaptisée Villa Baviera, qui fut dirigée par le tristement célèbre Paul Schäfer.
Non, la colonisation et le début de l´influence allemande au Chili débuta à la moitié du XIXème siècle. .. Un siècle avant donc…
Pour plus d´information, lire le texte « Les Allemands au Chili » de Roland Paskoff en lien ci-dessous :
Lien sur la colonisation allemande au Chili
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1976_num_85_467_17428

Leur secteur d´activité est plutôt varié. Nous pouvons les retrouver dans l´agriculture, différents services ou commerces.
Par exemple, dans la ville de Valdivia, j´ai pu me rendre dans la fameuse brasserie Kunstmann.


-L´immigration sud-américaine
La situation économique favorable du Chili attire les populations des pays latins voisins. Il y a en effet un très grand nombre de péruviens, boliviens ou encore colombiens qui viennent offrir leur main d´œuvre contre une rémunération qui sera évidemment plus faible que celles pourvues par les travailleurs locaux chiliens.
Cette même loi de l´offre et de la demande dans le marché du travail, liée aux possibilités d´immigrations, peut être retrouvée dans de nombreux pays et frontières du monde. L´exemple du péruvien au Chili, c´est donc un peu l´histoire du mexicain aux Etats-Unis, du zimbabwéen en Afrique du Sud…


-La population hispanique
Je pense que placer la population hispanique dans une petite réflexion sur l´immigration au Chili est plutôt déplacé, mais je le fais quand même, car au final il y a quand même eu un mouvement de population.
Déplacé car comme je le répète depuis mon entrée en Amérique latine, les espagnols ne sont pas vraiment venus avec des intentions pacifiques.
Le Chili était antérieurement peuplé d´indigènes, principalement Aymara dans le Nord et Mapuche dans le sud.  Les Mapuches représentent 4% de la population chilienne et 87,3% des indigènes. Autant dire qu´ils ne sont plus vraiment en majorité.
Source chiffrées sur la population Mapuche
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mapuche
De même, ces derniers souffrent de nombreux problèmes de racisme avec la population blanche hispanique… Au final, je me demande quand même jusqu´à quel niveau de stupidité la race humaine peut aller des fois…

Des inscriptions Mapuche sur une barrière à Puerto Varas, dans le sud du Chili

 

L´autostop au Chili
Heureusement, cette même race humaine peut être beaucoup plus lumineuse en d´autres situations. C´est là qu´elle m´intéresse.

Me mettre en difficulté et nécessiter de l´aide, je le fais quotidiennement en tendant mon pouce au bord des routes de chaque pays que j´ai l´occasion de traverser.
En Bolivie, cela n´avait pas trop bien fonctionné. Néanmoins, le Chili m´a réservé de très bonnes surprises à ce niveau là.

Pour plusieurs raisons, faire de l´autostop au Chili est facile et passionnant.

-Les infrastructures
Des pistes rocailleuses ou en terre, nous passons à des autoroutes asphaltées de première qualité. Du nord au sud du Chili, j´ai pu emprunter la Panaméricaine, renommée ici la Ruta 5.

La ruta 5,  dans le nord désertique du pays, près de la ville de Copiapo

-Les grandes distances
Le Chili est un pays long, certes étroit, mais long.  Imaginez-vous, cet Etat mesure 4300 kilomètres de sa frontière septentrionale avec le Pérou jusqu´à son point le plus au sud au Cap Horn. Par contre, son point le plus large de l´ouest à l´est atteint difficilement les 180 kilomètres.
La densité y est plutôt faible, avec  20hab/km2. Les villes sont très éloignées les unes des autres. Au final, il est très facile de faire des longues distances en autostop, puisque rarement les conducteurs s´arrêtent au milieu de nulle part !

-La culture de voyager a dedo
Voyager en autostop, ou a dedo comme il est dit ici, est très facile. Tout simplement, cette forme de voyage est dans la culture chilienne. Les camionneurs aiment s´arrêter pour avoir quelqu´un avec qui converser pendant leurs longs trajets.

Me voici le pouce levé sur la Ruta 5

 

Au terme d´environ 2000 kilomètres en autostop au Chili, je conseille fortement cette manière de voyager dans ce pays. En plus de l´avantage économique, vous aurez un accès direct à la culture chilienne, qui a certains côtés assez uniques.

Une culture à part
Evidemment, pratiquer l´espagnol est un outil qui aide beaucoup pour comprendre les subtilités de la culture chilienne. Commençons par le langage par exemple.

Le chilénisme
L´espagnol pratiqué au Chili possède des variations comme dans chaque pays d´Amérique du Sud. Le mexicain, le bolivien, le cubain, tous sont très distincts.
Le chilien, lui, parle assez vite en utilisant un vocabulaire argotique propre.  Le verbe conjugué « entiendes » (« comprends-tu » en français) se traduit par « cachai » , le mot « novio » ou « novia » (« petit ami » ou « petite amie ») devient « pololo » ou « polola ».
Ainsi, comprendre le chilien, c´est donc s´adapter au rythme rapide de la prononciation et apprendre une liste de nouveaux mots de vocabulaire, dont je doute de l´existence dans le dictionnaire.

-The star non-spangled banner
A l´image des Etats-Unis, j´ai découvert un certain patriotisme chilien par la diffusion de nombreux drapeaux nationaux. Bien entendu, l´amour de son pays ne s´affiche pas autant qu´au pays de l´Oncle Sam, cependant le drapeau tricolore à l´étoile unique est facilement identifiable devant un bon nombre de maisons, échoppes ou autres édifices.

Moi aussi, je veux mon drapeau ! Avec Luz Mireya, mon hôte à Valparaiso

 

-Scènes de la vie de tous les jours
Pour expliquer une culture, j´aime beaucoup décrire les scènes de la vie de tous les jours. Dès les premiers jours dans un nouveau pays, il est assez facile de remarquer les différences dans certaines habitudes de vie. En effet, il faut se réadapter. Pour cela, mieux vaut avoir l´œil sur les nouvelles coutumes.

A l´instar du Pérou, la machine à sous est immanquable au Chili. Même si vous ne souhaitez pas  jouer, vous tomberez inévitablement dessus, car beaucoup d´entre elles se situent dans les épiceries et commerces de quartiers.
Le casino… Plus qu´une épicerie au Chili (Ici a Talca)!

J´ai noté qu´au Chili, le taxi collectif était en bien plus grande majorité que le bus. Ce type de transport en commun urbain est plus rapide, plus simple et évidemment un poil plus cher que le bus. Au Chili, nous pouvons le retrouver en grand nombre dans la majorité des villes.
Le collectivo chilien a Copiapo

 

« Mas chileno que el mote con huesillos » (plus chilien que le mote con huesillos) est donc une expression chilienne qui peut vous faire comprendre l´importance de la boisson nationale. Bien que moins consommé que le maté en Argentine, le mote est un mélange de blé et de morceaux de pèche.
Mon mote con huesillos à Santiago



Mère Nature au Chili
Ah maman nature ! Des fois merveilleuse, d´autres fois capricieuse… Il faut dire qu´elle est à la fois les deux au Chili et, à l´image d´une femme latine quand elle s´énerve, les assiettes peuvent voler en mille morceaux!

Capricieuse
Le Chili est en effet situé en zone de forte activité sismique. Le séisme enregistré le plus fort dans l´histoire de ce monde eu lieu à Valdivia en 1960 avec une magnitude de 9,5 !
Pour la première fois de ma vie, j´ai donc eu l´occasion d´expérimenter les sensations d´un tremblement de terre. J´étais dans la ville de la Serena quand j´ai cru que 10 marteaux piqueurs se retrouvèrent autour de la maison ou j´étais pendant l´espace de 10 secondes.  

Les chiliens, eux, ont pu découvrir le 27 février 2010 un tout autre type de secousse. Beaucoup plus fort que celui de Haïti avec sa magnitude de 8,8 (Haïti fût mesuré à 7,3 sur l´échelle de Richter). Néanmoins, il fût beaucoup moins meurtrier que ce dernier caribéen.

Evidemment, il y eu des dégâts matériels tout de même. Sur la ruta 5 par exemple, j´ai pu voir la disparition de ponts et la destruction de portions de route.
Un pont qui s´est ecroulé, près de Talca

 

De même, de nombreux bâtiments en pâtissent encore dans la région, comme ici à Talca.

 

Merveilleuse
Heureusement, notre bonne vieille Terre ne passe pas son temps à détruire ce qu´elle a mis tant de temps à construire.
L e Chili possède une diversité paysagère assez impressionnante. Au nord, nous retrouvons un climat similaire à la côte pacifique péruvienne. En effet, toute la partie du Chili qui est septentrionale à Santiago est un désert aride. Il n´y a quasiment pas de végétation et la pluie ne s´invite qu´une fois tous les deux ou trois ans.
Un paysage du nord du Chili, avec une sculpture faite… main

D´ailleurs, pour vous donner une idée du climat, la course du Paris-Dakar qui avait lieu entre Paris et… Dakar… passe maintenant par cette partie du Chili.

Au contraire, le sud du Chili est bien plus verdoyant. Il a certaines similarités avec les paysages fjordiques de Norvège.  D´ailleurs le saumon produit au Chili a été en grande partie importé des eaux de ce pays scandinave.
Un paysage du sud chilien, près de la ville de Valdivia

 

De même, plus je me dirigeais vers le sud, plus la faune ressemblait à celle que j´ai vu dans la pointe sud de l´Afrique.
Rappelez-vous les lions de mer au Cap en Afrique du Sud… J´ai vu les mêmes à Valdivia

 

 

 

Au final, j´ai beaucoup aimé le Chili.
Voyageant de manière sociale, je porte tout d´abord attention à l´accueil qui m´est réservé par les différents peuples habitants les zones que je traverse. Le Chili m´a extrêmement bien accueilli, donc j´aime le Chili.
De même, il fait partie des pays que je mets sur ma liste d´endroits ou je considérerais peut-être vivre dans un futur lointain. Imaginez-vous : pays développé, plutôt stable, population sympathique, paysages attrayants… Que voulez-vous de plus ?

Aujourd´hui, je continue ma route vers le sud. J´arrive bientôt vers son extrémité à Ushuaia, ayant déjà traversé la frontière argentine. A partir de là, ce sera ma dernière ligne droite en Amérique latine jusqu´à Panama, pour tenter de trouver une embarcation vers l´Australie… Enfin, nous n´en sommes pas là, il y a encore l´Argentine, l´Uruguay, le Brésil et le Venezuela à traverser… Et à fêter le 100 000ème kilomètre, qui va arriver très bientôt !

A très bientôt pour le 100 000ème !

Jérémy



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