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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Avoir OZé l'Australie...

Pour être situé aux antipodes, pour ses kangourous, pour la terre rouge de l'Outback, pour son immensité, pour ses vagues peut-être aussi, l'Australie est une destination qui fait rêver.

Je dois dire que mon arrivée par la mer à Brisbane, puis mes premiers pas sur cette île-continent, m'avait procuré quelques émotions. Regardant le planisphère, une fois encore, je me disais : j'y suis !

Puis j'ai passé 5 mois dans ce pays grand comme 14 fois la France. J'ai obtenu un visa Vacances-Travail et j'ai pu organiser des économies qui j'espère dureront jusqu'à la fin de ce tour du monde.

Cinq mois en Australie ne m'a pas permis de tout voir, bien sûr. Cependant, je comprends aujourd'hui un peu mieux la vie à l'australienne.

De Brisbane à Darwin, en passant par la côte est, puis le fameux Outback, voici ma vision d'autostoppeur au pays de Mathilda.

Mon itinéraire en stop en Australie



 

Le « Working Holiday Visa »

Arrivant à la fin d'économies qui étaient supposé me durer deux ans, mais qui finalement m'accompagnèrent pendant quatre, il me fallut tout de même trouver une solution pour continuer le voyage.

Grâce aux nombreux témoignages de voyageurs rencontrés précédemment sur la route, j'avais prévu de faire cette petite étape « travail et économie » lorsque j'arriverais en Australie.

L'Australie a la réputation d'avoir de nombreux jobs à pourvoir, d'offrir des salaires très corrects et d'avoir une politique d'immigration favorable à la venue de nombreux jeunes de pays développés.

Le « Working Holiday Visa » ou le « Visa Vacances Travail » a été mis en place il y a quelques années par le gouvernement australien et offre l'opportunité aux jeunes de moins de 30 ans de venir travailler pendant une période d'un ou de deux ans.

Je fus choqué.
C'est la première fois de mon voyage que je me retrouve dans un pays en vraie bonne santé économique. Surnommé le « lucky country » (le pays chanceux), j'ai rapidement compris pourquoi. En tant que serveur dans un café-restaurant, j'étais payé 20 dollars australiens de l'heure (environ 16 euros). Le même emploi en France m'était payé la moitié. Ce job, je l'ai trouvé en deux heures.

Souvent serveur, parfois (rarement) barrista, au Tusk Cafe à Melbourne

En environ trois mois, j'ai donc réussi à renflouer les caisses pour les deux dernières années sur la route. Trois mois de travail en Australie, deux ans de voyage en Asie... Les réalités économiques d'un pays peuvent être tellement différentes d'un autre.
 

Les backpackers

Comme la volonté du gouvernement est d'être attractif, le pays lui-même devient presque un terrain de jeu pour de nombreux « backpackers ».

Les backpackers, littéralement traduisible par « celui qui porte le sac à dos », sont visibles à presque tous les coins de rue, ou d'Outback, en Australie. Entendre parler allemand dans le bled de Port Augusta, français dans un café de la Great Ocean Road, ou voir les bibliothèques remplies de jeunes connectés au wifi avec leurs netbooks sont des choses devenues courantes dans ce pays.

Acheter un minivan et le revendre à la fin de son séjour ou collecter des fruits dans une ferme font partis des choses que la majorité des backpackers font quand ils passent un an en Australie.

Me voici avec deux allemands backpackers rencontrés devant le roc d'Uluru

Je pense que les backpackers ont une belle opportunité de s'ouvrir au monde, de découvrir un mode de vie indépendant et d'acquérir un goût prononcé pour le voyage. Certains le font, s'ouvrent aux rencontres et sont curieux d'apprendre. D'autres se regroupent en communauté par nationalité, ne s'intéressent pas vraiment et sont plutôt là pour faire la fête et écouler des bières... Bref, comme partout, il faut de tout pour faire un monde.
 

L'australien

Mon tour du monde a pour but de m'aider à comprendre les cultures et les modes de vie. Je focalise donc mon voyage sur les rencontres avec les locaux. Malheureusement, je dois dire que voyager en Australie fût plutôt globalement décevant à ce point de vue, pour les raisons que je vais décrire ci-dessous.

L'anglo-saxon
La culture est majoritairement anglo-saxonne en Australie. Après avoir vécu au Royaume-Uni et avoir voyagé en Amérique du nord, il me restait très peu à apprendre. Heureusement, il y a eu quelques petites nuances.

« Outdoorsy »
La majorité des australiens aiment sortir et faire du sport. Le climat ensoleillé toute l'année dans une grande partie du pays doit certainement aider.

S'il y a bien quelque chose à laquelle les australiens sont connectés, c'est la mer. Enfin, je dirais plutôt à ses vagues... Le surf bien sûr.

A Bronte, une des plages de Sydney

Il y a même une ville qui a dédié son nom à ce sport : «Surfer Paradise » (« Le Paradis des Surfeurs » en français)

Bon, par contre, beaucoup de surfeurs ne s'intéressent à rien d'autre qu'à la qualité des vagues. Ils vont en Indonésie, ils vont au Brésil, ils vont en France, ils vont en Thaïlande... Ils ne vous parleront de rien d'autre que de la qualité des vagues. A plusieurs reprises, j'ai eu l'impression de me retrouver devant des parodies de « Brice de Nice ».

J'ai bien aimé la culture du barbecue. Il y a beaucoup de barbecues publics, libres d'utilisations. Ceux-ci sont souvent très bien tenus et il est agréable de venir faire chauffer ses saucisses à la plage ou dans un parc public.

Un barbecue public à Brisbane

Socialiser dans des endroits publics.
Ou consommer des litres de bière au pub. Je n'ai pas aimé la culture de la boisson des anglo-saxons australiens. S'ils sortent pour boire, c'est en général pour terminer complètement ivre et pourquoi pas proche du coma éthylique.

Un pub-hôtel à Sydney, où on trouvait autant de zombies à 3h du matin qu'à 1h de l'après-midi

Au risque de faire cliché, je dois dire que la majorité des australiens sont un parfait reflet de la caricature qu'on leur donne : ils aiment faire du surf et écumer des litres de bières.

Quoique la plupart sont certainement amiables et sympathiques, j'ai eu du mal à avoir une vraie conversation avec un local. C'est arrivé, mais très (trop) peu souvent.

L'aborigène
Tristesse.
Voilà tout ce que m'évoque la situation de l'aborigène en Australie. Si vous voulez un exemple des conséquences d'un manque total de tolérance, d'ouverture d'esprit et d'intérêt d'une culture envers une autre, regardez ce que sont devenus les aborigènes. Comme avec les amérindiens du Canada jusqu'à l'Argentine, l'homme blanc a apporté aux aborigènes australiens son cadeau empoisonné. L'alcool.

Alice Spring est sans doute la consécration du gâchis, la cerise sur le gâteau du désastre culturel.

Je suis arrivé de nuit dans ce village au milieu de l'Outback. Je me suis dirigé vers le centre et j'ai commencé à entendre des cris, des gémissements. Là, devant un bar, il y avait une vingtaine d'aborigènes tous plus saouls les uns que les autres.

La journée, je les voyais errer dans la ville, sans activité et sans but. La plupart reçoivent des dédommagements du gouvernement. Ils n'ont souvent aucun besoin de travailler pour subsister, alors beaucoup tombent dans le piège de l'alcool. Comme les indiens d'Amérique, comme beaucoup d'autres ethnies avant eux, les colonisateurs blancs ont trouvé une parade efficace pour se débarrasser des locaux qu'ils considéraient (et sûrement considèrent toujours) comme sauvages.

Un aborigène errant dans Alice Springs

Je vais vous donner des statistiques édifiants. La population aborigène représente 2,5% de la population australienne. Le taux d'aborigènes remplissant les prisons d'Australie est de 25%. Il y a tout lieu de croire que l'alcool et la délinquance sont liés.

Je n'oublierai jamais la nuit que j'ai passé à Tennant Creek, un village d'environ 3000 habitants au milieu du désert de l'Outback.

Entre deux journées d'autostop, il fallait bien que je passe la nuit quelque part. J'avais choisi un banc de la station de bus locale. De 19 heures à 3 heures du matin, je fus témoin d'une des plus incroyables nuits de ce tour du monde. Une grosse partie de la population aborigène locale était ivre et criait, tapait sur la porte du magasin d'alcool tout en tournant en rond dans la rue principale. Certains venaient me parler, me toucher les cheveux ou même me donner de baveux baisers d'ivrogne sur la tête, en laissant derrière eux d'amères vapeurs d'alcool. Quelle nuit...

J'imagine et j'espère que la situation doit être un peu meilleure loin des centres urbains. Certaines communautés vivant dans le fin fond de l'Outback sont possiblement en meilleure situation. Comme je n'ai pas eu l'occasion d'aller à leur rencontre, je laisse ces dires rester des suppositions.

La mélasse gouvernementale

J'ai l'impression que les responsables politiques contemporains laissent entendre qu'ils sont conscients des aberrations commises par leurs prédécesseurs, ils essaient d'effacer l'ardoise de la façon la plus démocratique qu'il soit...

Nous voyons donc fleurir un drapeau aborigène

Ou une jolie propagande d'amour et d'eau fraîche entre les blancs et les aborigènes

Je comprends que le passé soit embarrassant, mais le mal est fait et ce gouvernement construit par et pour les blancs continue de vouloir trouver des solutions pour une culture qu'il n'a jamais comprise. Lisez-donc l'histoire qui suit :

« A Darwin, dans le territoire du Nord, j'ai été invité à m'exprimer à la radio sur mon voyage. Après l'émission, un auditeur m'a invité à rester chez lui le temps que je trouve un moyen de rejoindre l'Indonésie en stop.

J'ai donc accepté l'invitation et je me suis retrouvé chez Keith..
Keith est un ancien militaire, gardien de prison, policier et dernièrement avocat. Lorsque je suis arrivé chez lui, il s'apprêtait à diffuser une feuille de discussion sur son expérience auprès des aborigènes, de leurs problèmes avec l'alcool et des solutions qui pourraient être apportés. Keith clamait avoir une connaissance pointue des aborigènes car il a vécu près d'eux dans l'Outback pendant une vingtaine d'années. Avec des chiffres et des faits, son constat était clair : les aborigènes sont plus amenés à être dépendant de l'alcool et en conséquence à devenir violent. Pour faire simple, cela les mène à leur propre destruction.

La solution que Keith propose est de stopper la vente d'alcool aux aborigènes.

Keith a distribué cette feuille de discussion au parlement du Territoire du Nord et aux médias. Le lendemain, il a reçu de nombreux appels, dont un du ministre de l'éducation du Territoire du Nord, et un de John Laws (homme de radio très populaire en Australie). Chacun d'eux était très frileux quand à aborder ce sujet, par peur d'être taxé de racisme et donc de risquer sa carrière. 

Keith a décidé de continuer son combat pour ce qu'il croit être la protection de la culture et du peuple aborigène. Si les choses ne bouge pas localement, il décidera de toucher le pouvoir fédéral à Canberra. »

Pour ma part, je suis sceptique quant aux actions de l'homme blanc pour améliorer le sort de la population aborigène. Malheureusement, il n'a souvent tenté d'apporter que des solutions de blancs pour un peuple qui n'a jamais vécu comme les blancs...
 

Mère nature

Je sais que les aborigènes sont très attachés à la terre. Cette terre est, au point de vue de la faune, de la flore, de ses paysages, une vraie bonne raison d'aller visiter l'Australie.

Un peu déçu de mon expédition sociale en terre australe, j'ai toutefois pris plaisir à découvrir le côté sauvage du pays.

La faune
A ce niveau, j'ai ressenti des sensations similaires à ma traversée du Kenya, lorsque je découvrais les girafes, les zèbres et les éléphants à travers le pare-brise des camions.

Ici, les kangourous, les koalas, les wombats ou encore les wallabies gèrent l'animation locale.

Une bande de kangourous m'observant les observer

Un koala, occupé à son activité favorite : « dormir » (le koala a la réputation de dormir jusqu'à 20 heures par jour)

Un émeu, autre animal typique de l'Australie

L'Australie possède également une collection d'espèces plus dangereuses les unes que les autres, comme certaines araignées, serpents, méduses ou encore crocodiles.

Un reste de serpent dans l'Outback

Les paysages
Autre bon point pour l'Australie : sa beauté naturelle.

De la route côtière de la « Great Ocean Road » aux nombreuses magnifiques plages, en passant par le désert rouge et plat de l'Outback, il y a quelques bonnes photos à prendre.

Les « Twelves apostles » sur la Great Ocean Road dans l'Etat du Victoria

Un coucher de soleil sur le monolithe Uluru au milieu de l'Outback australien

Et deux minutes plus tard...

La côte australienne près de Port Campbell dans le Victoria

Un lac salé asséché près de Pimba

Un paysage incroyable au Kata Tjuta, près de l'Uluru

L'immensité de l'Outback
En voilà un désert et qu'il est grand !

Traverser l'Outback en stop m'a un peu fait penser à mon passage en Patagonie. Le paysage est plat et très peu varié pendant des milliers de kilomètres. Il n'y a presque pas de village.

L'immensité de l'Outback

Cependant, il n'y a pas de vent dans l'Outback, ce qui est dommage car il aurait pu chasser les mouches, les innombrables mouches. Ces insectes s'agglutinent sur votre visage et ne s'effraient pas de vos tentatives de les chasser.

Même prendre une photo semble un défi à cause de ces mouches

Evidemment, attendre des véhicules et essayer d'attirer leur attention lorsque je faisais du stop était un défi en soi à cause de ces bestioles. Si je souriais, j'avais toutes les chances d'avoir une mouche qui soit assez curieuse pour regarder ce que j'avais entre les dents. Si je ne souriais pas, j'avais beaucoup moins de chance d'attirer la sympathie des conducteurs. J'ai donc traversé l'Outback déguisé en bédouin.

Lorsque le trafic était nul, je me déguisais en bédouin.


 

L'autostop en Australie

Faire du stop en Australie fût très facile. Les routes sont bonnes, le concept d'autostop est connu et les australiens s'arrêtent facilement.

La côte est, plus peuplée, et le reste du pays sont évidemment différents. Il est plus facile d'arrêter des véhicules de Brisbane à Adélaïde, mais les distances parcourues sont plus courtes.

Avec un australien et sa « surfmobile » sur la Great Ocean Road

Dans l'Outback , par contre, les attentes sont plus longues, bien que je n'ai jamais dépassé deux heures d'attente consécutives. L'avantage est que les distances parcourues sont beaucoup plus grandes. Il m'est arrivé par deux fois d'approcher les 1000 kilomètres avec un véhicule.

Me voici passant la nuit dans le van d'un conducteur

Il y a également ce qu'on appelle les « road trains ». Ce sont des camions avec deux, trois, quatre remorques, voire plus. Dans l'Outback, comme les routes sont plates et droites pendant des milliers de kilomètres, ces véhicules peuvent être utilisés. J'ai eu l'occasion d'en prendre un en stop. Il est en effet difficile de les arrêter au bord de la route.

En « road-train-stop ! »

Vous pouvez remarquer que ces derniers ont des pare-chocs conséquents. Il y a effectivement beaucoup de kangourous ou d'autres animaux sauvages qui sont sur la route dans le désert et ces camions ne peuvent techniquement pas s'arrêter à temps.

En voici un avec trois remorques


 

En vrac

Voici en vrac quelques photos de choses vues en Australie.

La viande de kangourou peut être consommée et son prix est très abordable. Le goût est assez similaire au bœuf.

De la viande de kangourou

Vous pouvez d'ailleurs accompagner, si vous le souhaiter, votre steak avec de « la vegemite ». La vegemite est une sorte de pâte à tartiner salée, réalisée à partir de végétaux. Si vous aimez l'amer, en voici sa parfaite définition.

En Australie, comme en Angleterre, la conduite se fait à gauche. Pour le rappeler aux touristes, de nombreux panneaux ont été installé.

La conduite se fait à gauche en Australie

Et aussi pour rappeler que les kangourous sont là et bien là

Une station-essence d'un illuminé obnubilé par les OVNI au milieu de l'Outback


 

Au final, j'ai trouvé que l'Australie était un bon pays pour vivre, travailler et réaliser des projets professionnels. C'est un pays sûr, où il n'est généralement pas dangereux de sortir dans les rues le soir.

Voyager en Australie peut être intéressant pour sa nature, sa faune et ses paysages. C'est un pays facile à parcourir, en van ou en autostop. Par contre, j'ai trouvé que c'était une destination culturellement peu intéressante. J'ai aussi été choqué par la situation des aborigènes.

L'Outback m'a laissé un bon souvenir et m'a permis de regoûter un peu à l'aventure.
L'Australie, au final, m'a donné l'opportunité de faire une petite pause dans ce tour du monde et de mettre de l'ordre dans mes idées avant d'attaquer l'Asie.

J'ai donc réussi à atteindre l'Indonésie ces derniers jours et je peux déjà vous dire que le choc culturel a été très bénéfique.

Je vous donne rendez-vous très prochainement pour un article sur ma traversée de la mer de Timor en avion-stop et je vous laisse avec cette immanquable : une photo devant l'Opéra de Sydney

A très bientôt,

Jérémy



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