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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : L'Asie en Malaisie

A la descente du ferry qui m'a amené d'Indonésie jusqu'en Malaisie, j'ai noté une différence... J'ai eu le droit à un petit choc culturel auquel je ne m'attendais pas vraiment. La Malaisie est un pays qui est actuellement en réussite économique, d'où l'apparence aujourd'hui de pays développé.

Socialement, la Malaisie est un pays intéressant. C'est un mélange de différentes civilisations qui se sont donnés rendez-vous en terre malaisienne pour bien souvent développer leurs commerces. Indiens, chinois et malais se partagent majoritairement l'espace péninsulaire de Malaisie (je n'ai pas visité l'île de Bornéo). La population réside d'ailleurs à environ 75% sur la péninsule Malaise.
 
Allons-donc en découvrir un peu plus sur ce pays.
 
 
Chinois, Indien et Malais 
 
Incontestablement, la Malaisie est dominée par trois civilisations différentes : les chinois, les indiens et les malais. Grosso-modo, la composition ethnique du pays ressemble à 50% de malais, 25% de chinois et 10% d'indiens. Le reste est un mélange entre les expatriés d'autres pays et la population indigène. 
Comme je ne suis allé ni en Chine, ni en Inde, j'ai pu pouvoir découvrir des environnements nouveau que je rencontrerai certainement sur ma route dans un futur proche.
 
La culture chinoise
Un dragon entier pour m'ouvrir les bras du Chinatown de Melaka... Autant dire que j'ai senti la bienvenue dans la communauté chinoise de cette ville ! Il y a en effet beaucoup de quartier chinois dans les zones urbaines de Malaisie et bien souvent, la population chinois se regroupe donc en communauté pour en sorte recréer une atmosphère de leur pays d'origine.
 
Un dragon entier pour m'ouvrir les bras du Chinatown de Melaka
 
 
En faisant un tour dans ces communautés, mon sens de la vue, de l'ouïe, de l'odeur, du goût furent une nouvelle fois mis à contribution. Je pus découvrir, au détour d'une rue, des choses dont je ne connaissais ni le nom ni même l'existence.
Au détour d'une rue à Georgetown, sur l'île de Penang, je découvre le Khoo Kongsi. Un « Kongsi » est un réalité un point de rassemblement pour les chinois provenant d'un même clan.
 
Le Khoo Kongsi de Penang
 
 
Une vision de l'intérieur du Khoo Kongsi

 
Après l'Indonésie et sa composition de population à majorité musulmane, j'eus la surprise de redécouvrir les étals de cochon en vente dans la rue. 
 
La cuisine chinoise contient en effet du cochon, et il est connu que tout se mange sur cet animal...
 
 
Les odeurs diffèrent, parfois excellentes, parfois moins agréables, comme ce marchand de petits poissons qui sèchent dans une rue de Kuala Lumpur.
 
 
Néanmoins, j'ai trouvé cette cuisine excellente. L'avantage de vivre dans une société si diverse est que chacun propose ses connaissances culinaires. Il m'est arrivé de nombreuses fois de voir un indien manger au chinois, ou un malais chez l'indien...
 
Ici, une vendeuse chinoise à Melaka me préparant un bon plat de nouilles frites
 
 
Il ne fût pas toujours aisé de communiquer avec la population chinoise car ceux-ci ne comprennent que rarement l'anglais. Pour un chinois, j'ai eu l'impression qu'apparaître dans l'incapacité de comprendre était quelque chose de déshonorant. De ce fait, beaucoup de chinois ont coupé court à mes interpellations ou à mes tentatives de communication de manière un peu rude. Connaître un peu de « Bahasa Malaysia » a, par contre, complètement transformé leur attitude. J'y reviendrai plus tard.
 
A Melaka, je demandais mon chemin en anglais à un homme d'origine chinoise (ou « Han »). Ce dernier m'offra directement de m'y conduire, à une condition cependant.. Que j'accepte de prendre une photo avec son fils.
 
Une photo avec le fils d'un conducteur Han
 
 
Comme dans de nombreuses situations, tout n'est souvent que problème de communication.
 
La culture malaise
La culture malaise est très similaire à la culture indonésienne. D'ailleurs, la civilisation malaise ne provient pas de Malaisie, mais de l'île de Sumatra en Indonésie. Il y a d'ailleurs des ethnies indonésiennes qui parlent le malais... Vous suivez ?
 
Lorsque je parlais de « Bahasa Malaysia» je parlais de la langue officiel de la Malaisie. Cette langue est extrêmement proche du « Bahasa Indonesia », dont j'avais appris les bases lors de mon séjour en Indonésie. Cela a facilité mes interactions avec les locaux, même si l'anglais est très largement pratiqué en Malaisie. 
 
Je découvre que le « Bahasa Malaysia » et le « Bahasa Indonesia » sont très proches lors d'une interactions avec ce conducteur qui m'a pris en stop à Johor Bahru
 
 
La majorité de la population malaise de Malaisie est islamique. L'Islam est d'ailleurs la religion d'Etat. Sur le drapeau de la Malaisie, nous pouvons donc retrouver le croissant et l'étoile, symboles de la religion musulmane.
 
Le drapeau de la Malaisie
 
 
L'Islam fût apporté dès le VIIème siècle en Malaisie, via le commerce avec la civilisation arabe. Des ports comme Georgetown ou Melaka furent aussi, au long de l'histoire, des endroits stratégiques pour établir des échanges commerciaux. Aujourd'hui, il est d'ailleurs possible d'y voir de jolies mosquées.
 
La mosquée Kampong Kling de Melaka, construite à partir de 1748
 
 
La foi musulmane en Malaisie est donc connectée à la civilisation arabe, car des derniers furent les premier à l'apporter. De même, le Coran est écrit dans cette langue et c'est l'unique version qui est reconnu par cette foi. Les croyants en l'Islam étudient donc le Coran en arabe. La connexion est donc très forte entre la foi musulmane en Malaisie et l'arabe.
 
A Johor Bahru, foyer de la culture malaise, les panneaux sont écrits en malais mais aussi en arabe
 
 
L'Islam pratiqué en Malaisie m'a paru plus rigoureux qu'en Indonésie. 
 
Encore une fois, la culture est très proche entre les malais et les indonésiens. Nous pouvons retrouver le même langage, un physique similaire ou encore la même nourriture. Toutefois, je ne peux oublier le plat national de la cuisine malaise de Malaisie. Le Nasi Lemak, qui est un plat de riz bouilli dans du lait de coco, agrémenté d'oeuf, de poisson séché, du pâte « sambal » (condiment épicé) ou autres.
 
Le Nasi Lemak, plat national en Malaisie
 
 
Et sa version « deluxe »
 
 
Les malais sont aussi friands de « durian ». Le durian est un fruit qui possède une odeur et un goût extrêmement fort. 
Pour ma part, j'ai tout de même goûté à ce fruit et je dois dire que c'est loin d'être ma tasse de thé. Pourtant, je ne suis en général pas fine bouche. Peut-être qu'avec un peu d'habitude, je pourrai moi-même devenir dépendant, qui sait?
 
Des durians en vente dans une rue de Penang
 
 
La culture indienne
A côté des « Chinatown » des villes malaisiennes, j'ai souvent trouvé des « Little India ». 
Tous mes sens sont encore une fois en éveil à chaque passage dans ces quartiers. 
 
Je découvre par exemple de nombreux mets de la cuisine indienne. M'asseyant à une table d'un des nombreux restaurants du Little India de Kuala Lumpur, je déguste par exemple un « roti » (pain circulaire frit) accompagné de son « dahl » (purée de lentilles).
 
Un roti aux œufs, qui sera accompagné d'un dahl
 
 
En Malaisie, il est également aisé de tomber sur de nombreuses échoppes indiennes, proposant souvent du textile.
A Georgetown, un magasin de vêtements indiens, où Mesdames peuvent se procurer un « Sari » à leur convenance.
 
 
La majorité de la population indienne de Malaisie est de confession hindouiste (environ 85% d'entre eux). Il est donc possible de découvrir (en faisant des généralités) après les temples chinois et les mosquées malaises, des temples hindous indiens.
La façade du temple Sri Mahamariamman à Kuala Lumpur
 
 
Un autre endroit intéressant pour découvrir le culte hindou est le site des grottes de Batu près de Kuala Lumpur. Le site est absolument impressionnant, avec son immense statue à l'entrée.
 
La statue de Murugan, devant les escaliers menant aux grottes de Batu
 
 
Il m'a été assez facile de communiquer avec la population indienne malaise car ces derniers parlaient très bien l'anglais. De même, j'ai aimé l'approche sociale très naturelle (quand elle n'était pas commerciale bien entendu) des indiens de ce pays. Il existe un souci d'entraide que j'imagine pouvoir retrouver en Inde.
 
Un indien m'ayant pris en stop de Kuala Lumpur jusqu'à Butterworth. Il m'avait vu marcher le long de la route et s'était arrêté pour m'avancer plus loin, au cas où.
 
 
 
L'autostop en Malaisie 
 
J'ai eu la chance de faire d'être pris en stop par des personnes d'origines malaise, chinoise et indienne en Malaisie. Cela m'a permis de considérer pleinement la composition ethnique du pays. 
L'essence de l'autostop est toujours la même, elle me permet de comprendre le pays à partir du point de vue des locaux. En Malaisie, j'ai donc pu avoir divers points de vue, chaque fois intéressant.
 
A l'arrière d'une voiture, sur l'autoroute vers Johor Bahru
 
 
L'autostop en Malaisie est, disons-le, vraiment facile. Les routes sont excellentes, les conducteurs s'arrêtent... Que demander de plus ? La Malaisie fût sûrement l'un des pays les plus faciles au monde pour se déplacer de cette façon.
 
Un péage de l'autoroute Nord-Sud de Malaisie. Un bon endroit stratégique pour arrêter les véhicule
 
 
Mais le must pour trouver des véhicules et continuer sa route, ce sont bien les aires de repos. Ils sont souvent construits au milieu des champs de palmiers à huile (la Malaisie produit une quantité incroyable d'huile de palme, la végétation en conséquence abonde de palmiers à huile).  Il est possible d'y trouver tout ce que vous voulez pour couvrir vos besoins et même plus. Restaurant, station-essence, toilettes ou même encore des douches gratuites ! Parfois même, le café est offert.
Je n'ai jamais attendu plus de cinq minutes en me postant à la sortie de ces aires de repos.
 
Les douches sont même offertes dans les aires de repos en Malaisie
 
 
J'ai même pu battre mon record de vitesse de ce tour du monde en faisant du stop avec une moto Superbike. 204Km/h, et je n'avais qu'une paire de tongs aux pieds.
 
En Superbike-stop à Melaka
 
 
La technique pour arrêter les véhicules est très simple : vous faîtes comme vous voulez, ça fonctionne. Le pouce à l'occidental ou la main à l'indonésienne, le message passe très bien. Même sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute, je n'ai pas eu de problème et les gens s'arrêtaient. 
En quelques mots, la Malaisie est un vrai petit paradis pour l'autostoppeur.
 
 
Des infrastructures attrayantes
 
Il est certain qu'après avoir visité les villes indonésiennes, et spécialement Jakarta, je fus agréablement surpris de voir l'organisation urbaine malaisienne. 
L'apparition du métro aérien à Kuala Lumpur, permettant de se déplacer rapidement tout en ayant un panorama fantastique sur la ville, a été incontestablement un bon point.
 
La ligne de métro aérienne de Kuala Lumpur
 
 
Comme je l'ai dit un peu plus haut, le réseau routier de Malaisie est très bon. Les autoroutes peuvent vous mener d'un point à un autre aussi vite que n'importe quelle autoroute des « pays du Nord ».
 
La très connue compagnie publique malaisienne «Petronas» prospère dans son commerce du pétrole. En 1998, le géant pétrolier a d'ailleurs inauguré ses tours jumelles à la gloire de la réussite du pays, ou tout du moins de son commerce. Aujourd'hui, ces tours sont l'emblème de la Malaisie. Je dois dire qu'elles sont réellement impressionnantes. 
 
Les tours Petronas
 
 
La Malaisie semble se tourner vers la modernité, avec une dynamique qui n'est pas sans rappeler celle de Singapour. Après, il est vrai que certains projets d'aménagement du territoire peuvent paraître un peu « Dubaïesque ».
La capitale administrative du pays par exemple. Putrajaya, de son nom, a été créé pour abriter les bureaux de la gestion du pays tout en s'autoproclamant « ville futuriste ». Effectivement, cette ville est totalement gérée par informatique. Après ce titre, un peu ronflant il faut le dire, je découvre une ville à l'image de chaque cité planifiée que j'ai pu croiser sur ma route : Canberra, Palmas ou encore Brasilia. C'est organisé, facile à manoeuvrer, propre, certes... Mais cela manque d'âme. Les coups de dollars ne peuvent pas remplacer la culture et la tradition. Par exemple, à Putrajaya, ils sont recréés à l'extrême identique le centre-ville de Colmar en Alsace... 
 
Le Pertana Putra de Putrajaya, où réside le premier ministre
 
 
Je préfère, et de loin, des bâtiments comme l'édifice Sultan Abdul Samad, en face du Merdeka Square à Kuala Lumpur. Les jeux de lumière sur sa façade la nuit sont magnifiques, ses teintes passant du bleu au jaune, puis de l'orange au violet... 
 
L'édifice Sultan Abdul Samad à Kuala Lumpur
 
 
 
 
Au final, j'ai beaucoup aimé la Malaisie. Encore une fois, les habitants m'ont permis d'apprécier leur pays à sa juste valeur. Les malaisiens m'ont paru ouverts et faciles à rencontrer. Ils seront ravis de pouvoir vous aider ou de répondre à vos questions.
 
Le pays est suffisamment développé pour qu'il soit agréable à vivre et à voyager. Si vous voulez découvrir un peu de la Chine et de l'Inde en même temps, c'est sans doute l'un des meilleurs endroits pour le faire.
 
Et puis, il y a l'autostop...
 
A très bientôt,
 
Jérémy



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