Accueil | Préparatifs | Présentation | Tour du monde | Interview | Coin des écoles | Sponsoring |
Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

Partenaire







 Carnet de Bord : 24 heures au Turkménistan

S'il est un pays où je ne vois aucune raison de retourner, ce serait peut-être bien le Turkménistan.

De la demande du visa jusqu'à la sortie du pays, les représentants turkmènes m'ont bien fait comprendre qu'à aucun moment, je n'étais le bienvenue dans cette partie du monde.
 

L'obtention du visa

22 jours d'attente, pour un transit de 5 jours.

La plus grosse partie de l'aventure turkmène s'est déroulée dans des bureaux. A Tashkent, la capitale ouzbèque, il n'est pas difficile de trouver l'ambassade tukmène. Un énorme édifice de marbre blanc, entouré de policiers ouzbèques.

Pourtant, bien que l'ambassade soit énorme, il me faut attendre dehors malgré les températures négatives du jour. Cette ambassade est ouverte de 9h à 12h, du lundi au mercredi. Comme les heures d'ouverture sont manifestement courtes, il faut venir plus tôt pour être sûr d'être reçu. J'arrive à 8h du matin et écrit mon nom sur une liste. Je serai le 13ème à passer.

La grille s'ouvre à 10h15.

Aujourd'hui, l'ambassade sera ouverte pendant 1h45. Je ne demande qu'un visa de transit car le visa de tourisme est extrêmement coûteux. Le consul me demande mes points d'entrées et de sortie du pays. Mon point de sortie est refusé car il se trouve trop proche de la capitale Ashgabat, qui m'est donc apparemment déconseillé de visiter. On me demande de revenir dans « 20 jours » pour récupérer mon visa.

Comme mon visa ouzbèque se termine dans 10 jours, il me faut sortir de l'Ouzbékistan. Je dois réaliser un visa pour le Tadjikistan, où je pourrai m'y réfugier le temps de la réalisation de mon visa turkmène. Cela prend une semaine. Une fois au Tajikistan, je demande de nouveau un visa pour l'Ouzbékistan pour y « rerentrer ». Cela prend une autre semaine. 22 jours après ma demande initiale, je retourne donc à Tashkent pour récupérer mon visa turkmène. J'arrive le matin à 6h45, je suis le 5ème sur la liste. La grille s'ouvre à 10h30. Mon visa est accepté. On me demande de revenir l'après-midi à 16 heures pour le récupérer.

22 jours après ma demande, je récupère finalement mon visa pour le Turkménistan.

Mon visa pour le Turkménistan


 

Le poste-frontière turkmène

Le double poste frontière Ouzbékistan-Turkménistan est une combinaison gagnante pour qui aime les états-policiers. Des militaires partout, des contrôles de passeport tous les 10 mètres, c'est aussi un exercice de patience.

Les militaires turkmènes m'interdisent de marcher les 100 mètres séparant les deux postes d'immigration. Ils m'obligent à prendre un minibus. Après une demi-heure de négociation avec des gradés qui ne veulent rien entendre, le chauffeur du minibus arrive et m'invite à rejoindre l'autre poste gratuitement, que nous atteignons en 40 secondes.

J'entre dans le poste-frontière du Turkménistan. Je passe par la quarantaine, puis arrive devant les officiers étant en charge de tamponner mon passeport. Tout le monde passe sauf moi. On m'interroge. Sais-je que c'est un visa de transit et que je ne dois pas dévier de la trajectoire entre les points d'entrée et de sortie ? Sais-je que je peux traverser le pays d'ici ce soir ? Pourquoi veux-je m'arrêter pour dormir alors que je peux le faire ? Dans ce cas, où vais-je dormir ? L'officier réserve devant moi deux hôtels à Turkmenabat et à Mary, qui sont des villes sur le transit de 450 kilomètres que je dois parcourir. Des policiers viendront vérifier à l'hôtel si je m'y trouve bien.

Mon visa de transit de 5 jours s'est vu diminué à 3 jours en quelques minutes. Je n'ose même pas leur dire que je vais traverser leur pays en stop...

Puis, une grosse machine à scanner scrute mes sacs. Un autre officier m'interroge de nouveau. Avez-vous des armes ? Des drogues ? Pourquoi venez-vous au Turkménistan ?

Il est 16h lorsque j'entre enfin au Turkménistan. J'ai perdu 3 heures à passer cette frontière, mais surtout 2 jours de mon visa. Ce n'est pas le moment de traîner.
 

Le transit

Etonnamment, le Turkménistan s'est révélé très facile à traverser en stop. Peut-être parce que tout le monde y transite. Peut-être aussi parce que le pays n'est qu'un immense désert et qu'il n'y a rien entre les quelques villes du pays.

Le Turkménistan est un immense désert

Je refuse d'aller dans les hôtels qui m'ont été désigné. Je passe rapidement Turkmenabat et un camion s'arrête avant la tombée de la nuit et m'amène jusqu'à Mary, situé 200 kilomètres plus loin. J'y arrive tard le soir. Je trouve un endroit pour dormir dehors, devant une fabrique de ciment. Je reprends la route le lendemain. Il me reste 280 kilomètres à parcourir pour atteindre l'Iran.

L'autostop s'est révélé assez facile au Turkménistan

Une voiture s'arrête. C'est un couple turkmène qui va à Ashgabat. L'homme vends des manteaux en cuir que sa femme confectionne. Il veux m'en vendre un à 30 euros, pour lui l'équivalent de 100 dollars. C'est dommage que je n'ai pas d'euro avec moi aujourd'hui. Ils me déposent à la jonction de Sarahs où un dernier camion m'avance jusqu'à la frontière iranienne.

Un dernier conducteur m'avance jusqu'à la frontière iranienne

Sortir du pays est un bien moindre problème que d'y entrer. Les agents de l'immigration semblent même soulagés que je sorte de leur pays. J'avoue l'être aussi. Pendant le trajet, j'ai été contrôlé 3 fois par la police, qui a noté sur un registre les preuves de mon passage. La dernière fois, ils ont demandé l'immatriculation de mon taxi. Je leurs ai montré le camion et nous avons conclu cette affaire en disant que j'étais un simple piéton. Il n'y avait pas de case « autostoppeur » dans ce pays.



Retour au Sommaire

Copyright 2009 - Tous droits réservés - Tour du monde en autostop - Une réalisation ACS Informatique - Creation site internet